Sortez dehors, soyez actifs! Des idées inspirantes pour l’éducation en plein air au cours des mois froids d’hiver

Les journées les plus froides de l’hiver sont peut-être derrière nous, mais l’été est encore loin à l’horizon. On peut se laisser tenter à l’idée de rester au chaud à l’intérieur lors de journées remplies de gadoue et de boue à la fin de l’hiver et à l’arrivée du printemps. Cependant, que ce soit profiter de l’air frais, l’occasion de renforcer leurs compétences essentielles ou même rencontrer des membres de la communauté, les élèves peuvent tirer profit de diverses façons de faire des activités à l’extérieur.

Nous avons récemment discuté avec des enseignants et des passionnés du plein air pour leur demander pourquoi ils sont d’avis que le plein air est un endroit idéal pour une salle de classe. Continuez à lire ce qui suit pour apprendre comment ils ont vu des activités extérieures améliorer l’apprentissage des élèves et pour découvrir certaines de leurs façons préférées de profiter au maximum des conditions météorologiques hivernales.

Encouragez l’exploration en plein air dans des emplacements locaux.

 Il y a de nombreuses raisons d’aller à l’extérieur, même par temps froids, mais la principale raison est simple : les élèves semblent aimer le faire.

Comme l’explique Shelley Taylor, directrice à l’école élémentaire St Pius X à Thunder Bay, « Lorsqu’il neige, nous encourageons les enfants à sortir et à créer des structures de neige, à escalader les collines et à y glisser. Il faut savoir profiter des espaces extérieurs et apprendre à aimer les températures plus froides ». Et si l’on se fie aux expériences de Mme Taylor, c’est le cas de ses élèves. « Les journées où je dois annoncer aux élèves sur l’interphone qu’il fait trop froid pour sortir, vous pouvez entendre les gémissements un peu partout dans l’école. »

Entre temps, à quatre heures au nord-est de Thunder Bay, dans la réserve des Premières Nations Aroland, les élèves sont exposés à un environnement extérieur très différent et ils en tirent parti. Comme l’explique Natasha Davey, enseignante de 7e et 8e année à l’école Johnny Therriault, « Il y a une clôture tout juste derrière le terrain de jeux de notre école et de l’autre côté c’est la forêt boréale ».  

La forêt est un vaste milieu naturel qui offre de nombreuses possibilités comme faire de la raquette ou du ski de fond, ou faire des excursions pédestres pour identifier des pistes d’animaux. Mme Davey souligne également « Les enfants me disent : “C’est comme si nous n’étions pas à l’école lorsque nous sommes à l’extérieur” ». Cependant, elle sait très bien, comme tous les experts avec lesquels nous avons discuté, que la vérité est toute autre. La nature est une formidable éducatrice.

« Les élèves apprennent à travailler en équipe, à former leur caractère, à devenir résilients et à coopérer », affirme Deniece Bell, enseignante de français langue seconde et d’éducation physique et santé (ÉPS) au Terry Fox Public School à Brampton. « Ils établissent un lien avec le plein air et ils découvrent qu’ils font partie d’un tout. »

Faites des rapprochements avec les habiletés de vie et la sécurité et la prévention de blessures.

Le plein air est également un formidable endroit qui permet aux élèves d’apprendre et de mettre en pratique les habiletés de vie qui sont intégrées au programme-cadre d’ÉPS. Il s’agit des habiletés personnelles, des habiletés interpersonnelles et des habiletés de la pensée critique et créative qui sont essentielles à la réussite des élèves au 21e siècle.

« Nous avons une patinoire extérieure à l’arrière de notre école », explique Mme Davey. « Nous y allons habituellement tous les vendredis avec nos élèves du jardin d’enfants. Les élèves plus âgés aident les touts petits à apprendre à patiner. Cette initiative a grandement aidé mes élèves de 7e et de 8e année à devenir des leaders à l’école ainsi que dans la communauté. »

Les températures plus froides offrent également des occasions uniques d’apprendre des pratiques importantes en matière de sécurité. Comme l’explique Lorna Tremonti, une enseignante d’ÉPS au Dryden High School à Dryden en Ontario, « Ici, nous avons une route de glace que les gens utilisent pour pour venir en ville. Lorsque nous amenons les élèves faire une randonnée, nous traversons souvent une partie du lac; alors, nous en discutons avant d’y aller. Par exemple, les élèves apprennent à vérifier l’épaisseur de la glace, à rester près de la rive et à marcher avec un partenaire ».

Les élèves qui fréquentent l’école où travaille Mme Tremonti ont également l’occasion de faire des activités en plein air au cours desquelles ils doivent utiliser un GPS et se déplacer. Elle affirme d’ailleurs, « C’est une des activités extérieures préférées de nos élèves. Et pour nous, c’est une habileté essentielle de la vie ». En apprenant à se déplacer avec des outils de navigation, les élèves qui vont souvent à la pêche blanche ou à la chasse avec leur famille sont mieux préparés pour être en mesure de retrouver leur chemin afin de retourner à la maison en toute sécurité.

Les élèves apprennent également à s’habiller de façon appropriée selon les conditions météorologiques. « Aujourd’hui, ce n’est pas très froid, mais la semaine dernière il faisait -40 °C, et ce sont les conditions normales à ce temps-ci », dit Mme Davey au sujet des températures moyennes en hiver au nord de l’Ontario. Les élèves sont encouragés à s’habiller adéquatement, mais il y a aussi un sceau de tuques et de mitaines pour ceux qui arrivent à l’école sans en avoir.

Établissez des liens interdisciplinaires et culturels.

« Chaque fois que j’amène mes élèves à l’extérieur, je tente d’en faire une leçon interdisciplinaire », dit Mme Davey. « J’établis des liens entre l’activité physique et des matières comme les sciences, l’histoire ou la géographie. » Elle a également fait des rapprochements avec les arts et elle demande parfois aux élèves d’apporter l’appareil photo de l’école pour prendre des photos de leurs endroits préférés à l’extérieur. Selon Mme Davey, ce faisant, les élèves se sentent plus investis.

Mme Bell fait de même et établit souvent des liens à des sujets en matière d’histoire ou de sciences (comme les cycles de vie des plantes et des animaux) lors qu’elle fait de la randonnée avec les élèves. « Nos élèves de cinquième année vont au Jack Smyth Field Centre (un centre d’éducation en plein air de 186 acres situés au sommet de l’escarpement du Niagara) », dit-elle. Ils font des randonnées dans la nature ou visitent une cabane à sucre en pleine opération et ils établissent des liens avec des sujets de sciences et d’histoire.

Les activités à l’extérieur peuvent également être une excellente façon d’aider les élèves à apprendre au sujet des autres cultures ou de leur propre culture.

« Nous venons tout juste de fêter le Carnaval », explique Mme Bell. L’école a souligné le Carnaval d’hiver de Québec en louant un costume du Bonhomme Carnaval (la mascotte du carnaval) qu’un enseignement a porté. De plus, elle ajoute que pour cette activité, différentes stations (p. ex., hockey, courses de traineaux, relais à obstacles, fabrication de bonshommes de neige, jeux de danse, jeux de cible avec boules de neige, lancer de sac de fèves, jeux de poursuite) avaient été mises sur pied.

Entre temps, à l’école de Mme Davey, les élèves participent à un sport d’hiver amérindien, le serpent des neiges, tout en faisant des rapprochements à des matières comme les sciences et les arts. « L’an dernier, nous avons fabriqué des serpents de neige avec des branches d’arbres. Nous avons sculpté et plané les bouts d’écorce pour qu’ils soient plus aérodynamiques, puis nous les avons peinturés. Lorsque nous avons terminé, les élèves ont créé une petite piste ou tranchée dans la neige (typiquement d’une profondeur de cinq pouces, et montant en pente). Nous les lançons et c’est une course pour voir lequel va se rendre le plus loin. »

Non seulement les élèves ont eu du plaisir à prendre part à l’activité, Mme Davey a également constaté qu’ils étaient beaucoup plus alertes et concentrés à leur retour en classe. Selon elle, « L’air frais et les mouvements ont été très bénéfiques à leur apprentissage ».

Établissez des liens communautaires et axez vos efforts pour fournir de nouvelles expériences.

À Thunder Bay, Mme Taylor a instauré de nombreux programmes d’activités hivernales au cours des 32 dernières années. L’objectif est de permettre aux élèves d’adopter un mode de vie sain et de prendre goût et tirer parti du grand air de Thunder Bay. Il ne fait aucun doute qu’elle est fière des étroits partenariats communautaires qui ont été établis.

Le programme Skiing in Schools (Faire du ski à l’école) est une des réalisations dont elle est très fière. « Nos stations de ski ont de merveilleux programmes dans le cadre desquels les élèves peuvent apprendre à skier et à faire de la planche à neige à des tarifs très réduits. De cette façon, les élèves qui autrement ne pourraient peut-être pas avoir accès à cette activité de plein air peuvent en vivre l’expérience une première fois », dit-elle.  Un ancien élève de Mme Taylor, qui a appris à skier grâce à ce programme, a même participé au slalom géant lors des Jeux olympiques spéciaux.

Encouragez la bonne condition physique de toute la famille.  

Les élèves qui ont vécu des expériences positives lorsqu’ils ont participé à des activités à l’école comme le patinage, le ski ou la randonnée d’hiver sont susceptibles d’encourager leur famille à également prendre part à ces activités, augmentant ainsi les niveaux d’activités de toute la famille. « Notre travail consiste à enseigner à vivre sainement et à être actif afin que les élèves puissent retourner à la maison et essayer de le faire », souligne Mme Bell.

Les enseignants peuvent aussi faire la promotion d’une bonne condition physique pour l’ensemble de la famille en invitant les parents et les frères et sœurs des élèves à venir participer à des évènements auxquels participe l’ensemble de l’école. « L’an dernier, nous avons fait de la pêche blanche traditionnelle et du toboggan. Les parents sont toujours invités à se joindre à nous lors des évènements auxquels prend part toute l’école », affirme Mme Davey.

Il peut être bénéfique d’encourager les familles à participer à des évènements communautaires au cours desquels il y a des activités extérieures, particulièrement comme façon de garder les élèves actifs au cours de la semaine de relâche. Comme l’explique Mme Tremonti, « Nous avons tout récemment organisé une journée d’activités extérieures pour les familles lors du long weekend du jour de la famille. Il y avait des sentiers et des endroits aménagés pour faire du toboggan en toute sécurité. Nous organisons également de nombreux concours de pêche blanche et deux endroits pour patiner à l’extérieur ». Elle constate que pour réussir à faire sortir les familles et les faire participer à des activités, il faut s’assurer que les activités sont abordables et qu’elles sont accessibles à ceux qui n’ont pas de véhicule.

Laissez le plein air inspirer un amour de l’activité physique la vie durant! 

Le programme-cadre révisé d’ÉPS vise à aider les élèves à acquérir les connaissances, la capacité et la motivation pour mener une vie saine et active; et une excellente façon d’accomplir ceci est d’enseigner aux élèves comment participer en sécurité à des activités extérieures amusantes.

Après tout, la plupart des jeunes enfants aiment la nature. En continuant à encourager cet amour des activités et des espaces extérieurs au fur et à mesure que les élèves progressent dans le système scolaire, cela peut mener à une augmentation des possibilités de faire de l’activité physique sur une base continue. Grâce au programme-cadre révisé d’ÉPS pour le secondaire, certains élèves du secondaire choisissent même de prendre part à un cours de spécialisation, Vie saine et activités de plein air, leur permettant d’explorer un grand éventail d’activités physiques dans des espaces extérieurs. Ce cours donne l’occasion aux élèves de faire des activités hivernales comme, entre autres, la raquette, le ski alpin et le ski de fond, la course d’orientation et la randonnée. Selon Joanne Walsh, conseillère d’Ophea en matière du programme-cadre d’ÉPS pour le secondaire, « L’éducation physique et santé peut être la seule occasion qu’ont les élèves de faire ces activités. Même une activité simple, comme un stimulant match de flag-football ou de disque volant d’équipe (ultimate Frisbee) sur le terrain arrière, peut les réconcilier avec le plaisir d’être actif à l’extérieur en hiver ». 

« D’un endroit à l’autre, il peut prendre une allure différente, mais nous avons tous un espace extérieur près d’où nous vivons », dit Mme Tremonti. En plus d’être généralement accessibles, on peut souvent utiliser ces espaces gratuitement, ce qui permet à tous les élèves de jouir des bienfaits des activités en plein air, et ce non seulement aujourd’hui, mais pour toute la vie. Comme dit Mme Tremonti en conclusion, « C’est toujours la chose la plus importante, c’est-à-dire qu’il faut leur transmettre un amour de l’activité physique la vie durant ».  

Quelques ressources pour l’éducation en plein air :

Le Carrefour pédagogique d’Ophea : une collection exhaustive de plans de leçons, de ressources et de fiches d’activités, dont plusieurs sont adaptés pour l’éducation en plein air.

Sans trace Canada : un organisme sans but lucratif qui a pour but de promouvoir l’usage responsable des aires naturelles par l’entremise de l’éducation, de la recherche, et de partenariats.

 Ressources pour repenser : un projet de l’Éducation au service de la Terre qui fournit aux enseignants des plans de leçons, des unités d’apprentissage relatif au programme-cadre et d’autres ressources pédagogiques intégrant les sphères écologique, sociale et économique à travers un apprentissage actif, pertinent et interdisciplinaire.

Sortez dehors : des guides pédagogiques publiés 2 ou 3 fois par mois par Ressources pour repenser et explorant des évènements saisonniers ayant trait à la flore, à la faune et au climat.