Une approche globale à la promotion de la santé mentale

La façon dont le programme-cadre d’ÉPS favorise le bien-être des élèves de la 1re à la 12e année

La santé mentale est liée à plusieurs choses et dépend de plusieurs facteurs. Que ce soit un environnement social favorable, des choix sains quant à la consommation de substances, la consommation d’aliments nutritifs, un sommeil adéquat et une activité physique suffisante, les choix que nous faisons et les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons ont un impact sur notre santé mentale et notre bien-être dans son ensemble. Et bien que l’adoption de comportements promouvant une santé mentale positive ne puisse pas assurément prévenir la maladie mentale (qui peut également avoir un élément physiologique), un apprentissage au sujet de la santé mentale et du bien-être émotionnel peut aider les élèves à comprendre et à gérer les facteurs de risque et de prévention qu’ils peuvent contrôler.

Comme l’explique Heather Gardner, conseillère au programme-cadre d’ÉPS d’Ophea, « La santé mentale existe dans le contexte d’autres sujets. Donc, il va de soi qu’il faut enseigner le sujet en adoptant une approche globale ». Les programmes-cadres d’ÉPS révisés de 2015 pour l’élémentaire et le secondaire reconnaissent et reflètent le caractère complexe et interrelié de la santé mentale en intégrant des discussions et des sujets associés à la santé mentale pour chaque année d’études à travers tout le contenu du domaine d’étude Vie saine. Cela a pour effet d’aider les élèves à renforcer et maintenir une bonne santé mentale au cours de leur adolescence et aussi de leur permettre d’acquérir les stratégies, les habiletés et les connaissances qu’ils pourront utiliser dans leur vie adulte.


Quelles sont les nouveautés dans la façon dont les écoles de l’Ontario abordent la santé mentale?

Bien que des leçons portant sur la santé mentale fassent depuis longtemps partie de l’ÉPS, les programmes-cadres révisés abordent le sujet de nouvelles façons efficaces.

Les sujets associés à la santé mentale sont maintenant intégrés à plusieurs autres sujets…

Le plus grand changement apporté à la façon dont se fait l’enseignement de la santé mentale est que le sujet, qui était auparavant enseigné séparément, est maintenant intégré à l’ensemble des volets du domaine d’étude Vie saine, ainsi qu’à d’autres sujets dans l’ensemble des programmes-cadres.

Selon Alyson Beben, une enseignante en matière de santé et une rédactrice du programme-cadre, « Au cours des vingt dernières années, nous avons constaté un changement important dans la façon dont la santé est enseignée dans les écoles. Par le passé, l’éducation en matière de santé mettait souvent l’accent principalement sur les dangers associés à la consommation de substances et les sujets comme la santé mentale étaient rarement abordés dans la classe. Maintenant, les enseignants comprennent que les déterminants sociaux de la santé (incluant parmi bien d’autres, le sexe, l’ethnie, la situation relativement au logement et au statut socioéconomique) ont un effet important sur la santé de toute personne et que les écoles et les communautés ont un important rôle à assumer dans la promotion de la santé ».

En apprenant comment le sujet est lié à tous les aspects de leur vie, les élèves apprennent maintenant que la santé mentale représente bien plus que l’absence de maladie mentale. Comme l’explique Mme Gardner, « La santé mentale nécessite un équilibre sain dans tous les aspects de la vie : physique, intellectuel, social, émotionnel et spirituel. Une personne ayant une bonne santé mentale est en mesure de penser, d’agir et d’interagir d’une façon lui permettant de profiter de la vie tout en étant capable de composer avec les difficultés pouvant surgir ».

Un accent particulier sur l’acquisition d’habiletés et sur la résilience...

La capacité à se remettre des problèmes et des changements dans la vie est ce qu’on appelle souvent la résilience. Dans les programmes-cadres d’ÉPS, on promeut la résilience par les habiletés de vie (un ensemble d’habiletés personnelles, interpersonnelles et de pensée critique et créative) qui sont intégrées dans les trois domaines d’étude à l’élémentaire et au secondaire. Lorsqu’ils sont actifs dans le gymnase et qu’ils travaillent à renforcer leur savoir-faire physique, les élèves apprennent à résoudre des problèmes, penser de façon critique, gérer des situations auxquelles ils peuvent être confrontés dans la vie et s’entendre avec autrui.

Comme le dit Andrea Barrow, enseignante au Limestone District School Board, enseignante au programme de leadership en matière de conditionnement physique et formatrice d’Ophea, « L’accent est non seulement sur l’enseignement des sujets, mais également sur le renforcement des habiletés. Nous voulons que les élèves aillent un peu plus loin dans leur pensée critique et l’application de leurs connaissances ».

Les nouveaux programmes-cadres ont pour objectif de mettre fin à la stigmatisation et aux stéréotypes…

Bien qu’il y ait davantage de programmes pour mieux sensibiliser les gens à la maladie mentale (comme la Semaine de la santé mentale des enfants (en anglais seulement), la Semaine de sensibilisation aux maladies mentales (en anglais seulement) et l’initiative Bell Cause pour la cause), la peur et les informations erronées entourant la maladie mentale sont encore bien présentes. Ce manque de compréhension engendre la stigmatisation, les préjugés et les stéréotypes, qui peuvent faire en sorte que les gens soient réticents à demander de l’aide, ce qui peut mener à de l’intimidation, de la violence et du harcèlement dans les écoles et ailleurs.

Alors que les élèves apprennent de nouvelles stratégies pour maintenir une bonne santé mentale, les programmes-cadres révisés ont pour but de les aider à mieux comprendre en quoi consiste la maladie mentale et à susciter leur empathie envers celle-ci. Comme le souligne Mme Gardner, « Puisque les discussions portant sur la santé mentale sont intégrées à tous les domaines d’étude, nous avons des occasions de tenir ces conversations de façon répétée avec nos élèves ». Elle rapporte de plus que cela aide les élèves à acquérir un éventail de connaissances dans différents contextes et à constater qu’il est normal et sain d’avoir des conversations au sujet de la santé mentale, ce qui contribue beaucoup à éliminer les stéréotypes et réduire la stigmatisation relativement à la maladie mentale.

Les programmes-cadres révisés offrent une continuité dans l’apprentissage…

La publication des programmes-cadres révisés pour l’élémentaire et le secondaire permet maintenant aux élèves d’avoir une continuité dans leur apprentissage en éducation physique et santé, ce qui est particulièrement important puisque les élèves doivent gérer des questions complexes relativement à la santé mentale et au bien-être au cours de leur adolescence.

De plus, les messages au sujet de la santé mentale auront bientôt une plus grande portée et seront entendus par beaucoup plus d’élèves du secondaire. Comme l’explique Mme Barrow, « Pour ce qui est de l’éducation physique, les élèves n’ont qu’à suivre un cours au secondaire pour obtenir leur diplôme. Dans l’ancien programme-cadre, il n’était pas mention de la santé mentale avant la 11e année ». Maintenant, ces importantes discussions auront lieu à partir de la 9e année, lorsque la plupart des élèves suivent le cours requis.


Par où commencer pour l’enseignement au sujet de la santé mentale?

Premièrement, assurez-vous d’avoir les faits…

Les élèves possèdent un grand éventail d’expériences et de renseignements (ou d’information erronée) relativement à la santé mentale, ce qui peut en faire un sujet difficile à enseigner. Cependant, en vous assurant d’avoir les faits et en faisant des efforts pour être plus à l’aise avec le sujet, vous serez mieux préparé à avoir des discussions ouvertes, productives et faisant preuve de sensibilité avec les élèves.

Au dire de Tamar Meyer, superviseur au Centre de ressources pour la promotion de santé (HPRC) du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), « Nous devons commencer par les données probantes. Il est important que les enseignants et les parents sachent ce qui se passe ». Cela signifie qu’ils doivent comprendre les questions d’ordre plus général relativement à la santé mentale et la maladie mentale, mais ils doivent également déterminer ce que sont les besoins particuliers dans votre région ou bien dans un segment particulier de la population. 

Par exemple, plus d’élèves de la 7e à la 12e année de la région de Toronto ont sérieusement songé au suicide au cours de la dernière année que dans les régions du Nord-Est et du Nord-Ouest. Cependant, un élève sur quatre dans la région de Toronto a eu recours à de l’aide d’un professionnel de la santé mentale, tandis que seulement un élève sur cinq dans les régions du Nord a fait de même. De plus, dans l’ensemble des régions au Canada, les jeunes filles de cette même tranche d’âge sont deux fois susceptibles que les garçons de rapporter qu’elles éprouvent des problèmes psychologiques.

Ces statistiques (et d’autres, semblables) se trouvent dans le Rapport sur la santé mentale et le bien-être selon le Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario (en anglais seulement) du Centre de toxicomanie et de santé mentale qui recense des données sur la consommation de drogues, la santé mentale, la santé physique, l’intimidation, le jeu et d’autres comportements à risque chez les élèves de la 7e à la 12e année fréquentant l’école publique. Pour aider à communiquer les résultats du sondage bisannuel, le Centre de ressources pour la promotion de santé de CAMH, en partenariat avec le Réseau d’échanges de données probantes a créé une série de documents infographiques (en anglais seulement) conviviaux. Selon Mme Meyer, « Les documents infographiques sont un excellent outil pour échanger des connaissances qui transforment les données probantes afin qu’elles soient plus facilement assimilées ». De plus, Mme Meyer suggère aux enseignants de les utiliser pour éclairer leur planification ou pour aider à lancer une discussion dans la salle de classe.

Deuxièmement, demandez du soutien et poursuivez votre apprentissage…

Quand il en vient à la santé mentale, il y en a toujours à apprendre! « Nous tentons d’encourager tous nos élèves à devenir des apprenants et des participants à l’activité physique la vie durant », dit Mme Barrow. « En tant qu’enseignants, nous devons être des exemples à suivre à cet égard ». Heureusement, il y a un grand éventail de ressources et d’occasions de perfectionnement professionnel qui sont offertes aux enseignants.

La ressource Savoir Santé d’Ophea est une de ces ressources. Elle vise à aider les enseignants ainsi que les responsables et animateurs de programmes à promouvoir une santé mentale positive et le bien-être auprès des enfants et des jeunes de 6 à 18 ans. La ressource aborde le concept d’une vie saine par l’entremise de divers sujets délicats par rapport à la consommation de substances et à la saine alimentation. La ressource Savoir Santé comprend des fiches d’activités faciles à utiliser qui établissent des liens aux attentes en matière d’apprentissage relativement aux habiletés de vie du programme-cadre d’éducation physique et santé (ÉPS), ainsi que des vidéos et des affiches.

Comme nous l’explique Mme Gardner, « Qu’il s’agisse d’une simple affiche incitant les élèves à effectuer une réflexion sur leurs choix individuels, d’une vidéo de trois minutes à la suite de laquelle les élèves doivent commenter les décisions prises par les personnages, ou d’une fiche d’activité, la ressource Savoir Santé offre aux enseignants des occasions d’aborder de diverses façons un sujet donné ».

Ophea vient également tout juste de lancer une nouvelle ressource en ligne pour les enseignants du secondaire, Approches à l’enseignement d’une vie saine — Un guide pour le secondaire. Ce guide exhaustif facilite la planification et l’enseignement des contenus d’apprentissage associés au domaine d’étude Vie saine du programme-cadre d’ÉPS et l’évaluation de l’apprentissage des élèves. De plus, il comprend des exemples d’unités et des stratégies pour l’évaluation afin d’orienter les enseignants dans la planification de leurs unités pour la 9e à la 12e année. Cette ressource est offerte aux enseignants des conseils scolaires s’étant abonnés pour y avoir accès.

La ressource Il s’agit d’ÉPS d’Ophea est une autre ressource à consulter. Elle comprend des outils dont vous avez besoin pour mieux comprendre et connaître les cinq principes fondamentaux sur lesquels repose le programme-cadre d’ÉPS. « Les affiches et les vidéos de la ressource Il s’agit d’ÉPS peuvent être utilisées pour le perfectionnement professionnel, lors de rencontres du personnel, pour tout simplement favoriser la réflexion individuelle ou pour lancer une conversation avec un collègue ou un élève », dit Mme Gardner. Elles sont claires et concises, facilitant ainsi la compréhension de la façon dont les principes fondamentaux sont intégrés à un programme d’ÉPS.

Les enseignants peuvent obtenir plus de ressources relativement à la santé mentale et au bien-être auprès d’organismes comme Healthy Minds Canada (en anglais seulement), Jeunesse, J’écoute et Parent Action on Drugs ou en consultant le document, Vers un juste équilibre – Pour promouvoir la santé mentale et le bien-être des élèves, du ministère de l’Éducation.

Troisièmement, suscitez la participation des parents et d’autres partenaires communautaires...

En plus d’adopter des habitudes saines et de renforcer sa résilience, se sentir en sécurité, se sentir valorisé et être inclus dans la communauté sont des éléments essentiels pour une bonne santé mentale. En créant un milieu social favorable, non seulement à l’école, mais aussi à la maison et dans l’ensemble de la communauté, nous pouvons assurer que les élèves sont appuyés dans leurs divers milieux.

Comme l’explique Mme Beben, « La collaboration est un élément fondamental dans la création de milieux favorables pour les enfants. De nombreuses campagnes contre l’intimidation comptent sur la participation du personnel scolaire, des élèves, des parents et des membres de la communauté. Et puisque la santé mentale est intrinsèquement liée à la nutrition et la santé physique, les leadeurs communautaires organisent fréquemment des évènements gratuits faisant la promotion de la bonne nutrition et faisant participer les familles à des activités physiques amusantes ». Des exemples que cite Mme Beben sont les programmes de leadership sur le terrain de jeu (Playground Activity Leaders in Schools — P.A.L.S.), l’initiative « Fermez les écrans! », et les programmes promouvant la sécurité pour se rendre à l’école à pied ou en véhicule.

Comme le suggère Mme Meyer, « Les enseignants peuvent également travailler plus étroitement avec les bureaux de santé publique dans la province pour promouvoir la santé mentale, le bien-être et un poids santé auprès des élèves. Les bureaux de santé publique possèdent de formidables ressources et ils travaillent en partenariat avec les écoles ». Les conseils scolaires ont également des leadeurs en santé mentale auxquels les enseignants peuvent faire appel pour obtenir du soutien.


Lorsqu’il s’agit de la santé mentale, le savoir est source de pouvoir.

La promotion de la santé mentale auprès d’une génération d’enfants ontariens est un travail énorme que les enseignants ne peuvent et ne devraient pas réaliser seuls. Il est essentiel d’avoir l’aide des parents et des partenaires communautaires. Cela étant dit, lorsqu’il s’agit de promouvoir la santé mentale, les écoles ont un rôle de premier plan à assumer.

Comme l’explique Mme Gardner, « Les enseignants voient les élèves six heures par jour, et ce, possiblement année après année. Ils établissent des liens avec les élèves et ils observent les élèves interagir entre eux. Ils sont en mesure de constater des changements dans les comportements et d’en parler aux parents. Ils sont également en mesure de faciliter les prochaines étapes avec les parents, les membres de la communauté et d’autres enseignants selon le cas ». Cependant, afin de soutenir les élèves de façon appropriée, les enseignants doivent se donner pour mission d’en apprendre le plus possible sur les problèmes associés à la santé mentale et sur les ressources portant sur le sujet.  

Comme nous le dit Mme Barrow en conclusion, « Le savoir est source de pouvoir. Plus nous en savons, plus nous pouvons aider nos élèves ».

Il en va de même pour les élèves. Plus ils acquièrent de connaissances au sujet de la santé mentale, du bien-être et de la maladie mentale, plus ils seront en mesure de s’aider eux-mêmes et autrui en apprenant à frayer leur chemin à travers les difficultés et les obstacles de la vie auxquels ils seront confrontés.